Premier stage France 2026

Ma 13ème convocation à un rassemblement de l’équipe de France. Ce stage d’entraînement a lieu cette fois à Poitiers après celui d’Angers en décembre dernier et la débâcle d’Astana en septembre. 3h30 de route pour un rendez-vous à 18h00 le mercredi 28 janvier. Check-in à l’hôtel, réunion et repas à l’excellente table de Vanessa qui nous a régalés tout le stage.

Programme

Chargé, 11h de glace. Qui s’en plaindrait ? Pour ceux qui l’imaginent ou l’idolâtrent, le planning des regroupements est très chargé et fatiguant. Mais il est ainsi et je n’accepterais pas qu’il soit autrement au vu de la responsabilité qui nous incombe, du coût de ces rassemblements et de la patience de ma famille qui me laisse du temps pour cette passion.

Un exemple de journée en stage

L’effectif est plutôt stable par rapport à décembre. Quelques absents que le calendrier ou la volonté de poursuivre le projet ont empêché la venue. L’arrivée d’Aurélien, québéco-français ou franco-québécois, je ne sais pas ce qu’il préfère, dont la double nationalité lui a permis de nous rejoindre en décembre dernier, est un réel bénéfice. 15 ans de hockey dans un pays à la culture hockey ne pouvaient pas mieux tomber pour atteindre l’objectif de remonter en poule B dès 2027.

C’est parti !

Dès jeudi matin, deux lignes aux spécialités distinctes apparaissent au premier entraînement. Une ligne plutôt rapide avec, pour les cadres, entre autres, Aurélien, Nicolas et Roland, et une ligne plutôt « impactante », si je peux la définir ainsi, avec Franck, Florentin, Adrien et moi. Les juniors Jérôme, Tony, Jérémy et Ludovic complètent ces formations.

Mais place d’abord aux fondamentaux. Suite à notre tournoi à Olomouc en août dernier, nous avons pu observer les routines de techniques individuelles de l’équipe junior tchèque. Les techniques de base du lugeage. David Lemetais a rapporté ça en un Socle Technique Commun à notre retour et souhaite qu’il devienne la routine française dans tous les clubs et en équipe de France. En effet, il est indéniable, suite à l’expérience du Kazakhstan, que notre effectif manque cruellement de bases de lugeage, de conduite et de conservation du palet. Donc chaque matin, nous débutons notre entraînement par cette dizaine de figures qui sont la base de notre travail.

Les temps de glace sont ponctués par toutes les ritournelles routines d’échauffement et d’étirement devenues la spécialité française dans le circuit. Peu d’équipes le font de cette manière collective et coordonnée. Elles sont dirigés par l’excellent responsable physique et kiné Arnaud, un des piliers du staff français. Perçues au départ par beaucoup comme contraignantes, moi le premier, elles sont gages de bien meilleure santé physique pour le groupe. Arnaud me confiait à Astana avoir trois fois moins de travail qu’à Bangkok lors des championnats de 2022.

La ligne bleue
Remise en question

Et enfin ces journées sont ponctuées de réunions où on analyse notre situation que ce soit en attaque, en défense ou nos moyens de communiquer. Voir les points faibles, les points forts et trouver des solutions ou faire de l’introspection personnelle pour être un meilleur soi au sein d’un meilleure équipe. Cette fois, Maena, ma coéquipière de Tours, est venue nous donner quelques conseils en diététique. Et Dieu sait que la tâche est ardue.

Match !

Première confrontation vendredi soir avec un créneau composé de 20 minutes de 5 contre 5, 15 de 3 contre 3 puis 15 de 5 contre 5. Un remplaçant pour les bleus, aucun pour les blancs. On va puiser. Les blancs nous dominent très rapidement. Leur rapidité et les habiletés de leur meneur libèrent facilement Roland et Nicolas qui trouvent la cage. Nous avons un impact, il n’est pas si facile de nous percer mais il suffit d’un joueur emporté par le palet et c’est l’ouverture pour les blancs. J’adore. On apprend. On est challengés et j’aime la progression grâce à l’échec. La séance de pénalités tourne à l’avantage des bleus mais la supériorité de la soirée revient bel et bien aux blancs.

On remet ça samedi soir. Même programme. Les Bleus ont déjà analysé, corrigé, progressé. Et la tâche est plus ardue pour les Blancs. Comme vu le matin avec David, je patiente plus dans les contres-attaques des Blancs et au second poteau de l’action où le shoot back door nous a fait du mal la veille. Les Blancs gagnent quand même mais moins largement et surtout nous nous installons beaucoup plus chez eux. Nous scorons même.

Le dimanche matin est tourné vers un peu plus de ludique. La fatigue est installée et ces exercices sous forme de détente et de challenge terminent bien un stage.

Bilan

J’ai trouvé que ce stage était un des meilleurs depuis longtemps. La qualité de ce qui s’installe et de ce qu’on produit a encore pris un écart considérable. Le fait de voir apparaître deux lignes aux spécialités différentes me réjouit. Il nous manque encore un peu de technique, de tactique et de physique, mais nous sommes sur la bonne voie et la vitesse de progression s’accroît. Je suis arrivé le moral un peu en berne à ce stage. Repartir de zéro à Rennes m’est un peu compliqué à gérer côté motivation. Mais je m’y suis senti bien, le fait de faire le STC à chaque début d’entraînement est un vrai plus dans ma pratique et m’apporte un matelas de maîtrise qui est confortable dans les coups de mou. L’organisation entre les stages est un point à faire progresser également pour que ceux-ci ne soient pas des points de départ de la préparation pour certains, mais juste un point-virgule sur une vie de sportif de haut niveau amateur à la régularité de travail constante.

Dire des conneries fait aussi partie du programme